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Décryptage des étiquettes : labels, allégations et liste des ingrédients

décrypter les étiquettes

Pour la seconde fois, je vais vous proposer une petite séance de décryptage. Parce que je me suis rendue compte que c’est un format qui plaît bien et surtout qui peut intéresser le plus grand nombre. Si vous achetez encore des produits de beauté du commerce, il vous donnera quelques indications pour déchiffrer les étiquettes. On va parler entre autres des labels, des mentions mises en avant et de la liste INCI. Et si vous tambouillez tous vos produits vous-même, n’hésitez pas à le partager avec vos proches, qui ne savent peut-être pas ce qu’ils achètent !

Je ne veux pas vous endormir ni vous ennuyer, je vais donc essayer d’écrire un article assez peps et pas trop long. Pour en savoir plus, lisez la suite !

Les labels naturels ou bios

Avec le développement des cosmétiques naturels et bio, les labels se sont développés à toute vitesse. Des logos plus ou moins officiels, plus ou moins trompeurs ! Il faut savoir qu’il n’existe pas UN label encadré par l’Etat ou un label officiel qui permettrait au consommateur de se repérer. Alors pour démêler le vrai du faux, il faut connaître les labels qui représentent un vrai cahier des charges et en lesquels vous pouvez avoir confiance.

Je vais essayer de vous résumer tout ça, mais si vous voulez en savoir plus vous pouvez consultez des tableaux récapitulatifs sur ce blog ou ce site.

Les labels naturels/principaux présents sur les étiquettes sont :

Nature et Progrès

C’est le label le plus exigeant que l’on puisse trouver. Tous les produits de synthèse ou issus de la pétrochimie sont interdits (silicones, paraffine, colorants, parfums, gélifiants, émulsifiants…) mis à part 3 conservateurs. L’huile de palme et ses dérivés sont également bannis. Tous les produits doivent être d’origine biologique, ou « au pire » naturelle s’il n’existe pas d’alternative biologique. On parle donc d’un minimum de 100% d’ingrédients biologiques ! Ce label est très restrictif mais si vous le voyez sur un produit, vous pouvez l’acheter les yeux fermés. J’apprécie particulièrement l’interdiction de l’huile de palme qui est aujourd’hui une source de déforestation massive.

Natrue

Ce label a pour vocation d’être non seulement national, mais aussi international. Il existe trois niveaux de certification : les cosmétiques labellisés naturels (niveau 1), en partie bio (niveau 2) ou les biocosmétiques (niveau 3). La teneur minimale en substance naturelles/bio dépend du type de formulation choisie. Si l’on parle par exemple d’une émulsion « classique » comme une crème pour le visage, le pourcentage minimal d’ingrédients d’origine naturelle varie entre 10 et 20% (dont une certaine partie doivent être bio pour les niveaux 2 et 3). Les ingrédients dérivés de la pétrochimie (silicones, paraffine) sont interdits mais pas les produits de synthèse.

Cosmebio et Cosméco

Ces labels ont été créés par des fabricants cosmétiques. Le premier est le plus exigeant. Dans tous les cas les ingrédients doivent être au minimum à 95% naturels ou d’origine naturelle et les produits de synthèse présents à hauteur de 5% maximum (ingrédients issus de la pétrochimie interdits). Dans le cas de Cosmebio (logo vert), au moins 10% de l’ensemble des ingrédients doivent être bio, 5% minimum pour avoir le label Cosméco.

Ecocert (bio ou éco)

C’est le label le plus connu, et le plus « officiel » puisque sa charte est agréée par l’Etat. C’est celui que vous verrez le plus souvent sur les étiquettes des produits. Deux niveaux de certification également qui sont très similaires aux labels Cosmebio et Cosméco.

Pour résumer, en termes d’exigence je les classerai ainsi : d’abord Nature et Progrès, y a pas photo. Puis Ecocert et Cosméco/Cosmébio qui se valent selon moi. Et un petit bémol sur Natrue qui est selon moi un peu trop léger en termes d’exigences et risque de servir de couverture pour des produits pas vraiment naturels finalement. Si vous voyez ce logo sur une étiquette, lisez la liste d’ingrédients au dos, ou passez-là si vous le pouvez au site de décryptage d’ingrédients « La vérité sur les cosmétiques ». Entre une certification bio et écologique, je vous conseille aussi de privilégier les labels « bios » souvent plus exigeants.

Les allégations

Quand vous vous baladez au rayon cosmétique d’une grande surface ou d’une enseigne spécialisée, vous pouvez souvent voir les mentions « sans paraben », « sans silicones », « sans sulfates » sur les étiquettes. Elles vous donnent l’impression que le produit est inoffensif. Mais qu’en est-il réellement ?

« Sans paraben »

Les parabènes sont des conservateurs synthétiques. Il y a quelques années un scandale a éclaté, les accusant d’être des cancérigènes et des perturbateurs endocriniens. Cependant, ils sont encore autorisés en cosmétique. Mais la méfiance s’est désormais installée auprès des consommateurs, et les marques le savent. Les mentions « sans paraben » ont donc fleuri, donnant ainsi l’image de produits sains.

Mais attention. Sans parabènes ne signifie pas qu’il n’y a pas de conservateurs, ni même que les conservateurs utilisés soient bon pour la peau et la santé. Il existe d’autres conservateurs, moins médiatisés et moins connus, mais tout aussi problématiques. Pensez donc à vérifier la liste d’ingrédients si vous voyez une telle indication. Cette mention inscrite en gros sur l’étiquette peut paraître rassurante mais en fait il n’en est rien. Parfois, cette mention est juste inutile. Dans un baume par exemple il n’y a pas de conservateur, donc aucune raison de mentionner « sans paraben ». Ayez l’esprit critique !

« Sans silicone »

  On retrouve la plupart du temps la mention « sans silicone » sur les étiquettes des shampoings, car ce sont les produits qui en utilisent le plus. Ces ingrédients de synthèse ont en effet de nombreuses propriétés : ils laissent les cheveux doux, soyeux et surtout démêlés. Sur l’étiquette ils correspondent à tous les ingrédients qui finissent par « methicone ». Mais ces fameux silicones ne sont que des cache-misère si je peux me permettre l’expression. Ils donnent l’impression que les cheveux sont beaux et en bonne santé mais sous ce vernis ils sont en réalité souvent secs, ternes et cassants. En effet les silicones sont occlusifs, c’est-à-dire qu’ils vont obstruer le cheveu et l’empêcher de « respirer ». En plus ils sont non biodégradables.

Quand on arrête les shampoings avec du silicone, on fait souvent face à une période de transition, où les cheveux sont pire qu’avant. En effet une fois les silicones disparus on se rend compte du « vrai » état des cheveux. La mention « sans silicone » sur une étiquette est donc une bonne nouvelle pour vos cheveux ! Attention à vérifier que cette mention ne permette pas de faire passer en douce d’autres ingrédients comme des sulfates ou des parabènes.

« Sans sulfates »

Encore une fois cette mention est plutôt pour les shampoings. En effet pour avoir les cheveux bien propres, il faut incorporer des tensioactifs à un shampoing (oui, même en cosmétique home made), sinon ça ne « lave » pas. Les tensioactifs les plus utilisés en cosmétique conventionnelle sont : sodium lauryl sulfate et sodium laureth sulfate (c’est la désignation que l’on trouve sur l’étiquette). Ces deux tensioactifs sont donc des sulfates, comme leurs noms l’indiquent. Ils ne sont pas très chers et ce sont de bons détergents, et c’est pour cela qu’ils sont très présents dans les shampoings du commerce.

Mais ils sont un gros inconvénient : ils sont irritants. Sur le long terme, ils abîment plus qu’ils ne lavent le cuir chevelu, et c’est particulièrement le cas pour les peaux sensibles. Ils peuvent entraîner des irritations, des rougeurs, des démangeaisons à force de les utiliser de manière répétée. En plus, ils sont non biodégradables. Si vous voyez une mention « sans sulfate » c’est donc bon signe, car vous savez que ce shampoing n’agressera pas vos cheveux. Vérifiez tout de même s’il ne contient pas de silicones ou de parabènes. En cosmétique home made, on utilise aussi des tensioactifs. Mais ils sont doux et biodégradables, comme le SLSA que je vous ai présenté la semaine dernière.

La liste d’ingrédients ou liste INCI

Ce sujet mériterait un article entier, je ne vais donc faire que le survoler ici. Mais je pense que c’est important de l’aborder car c’est une étape incontournable quand on se met à décrypter une étiquette de cosmétique conventionnel.

Déjà, ne vous effrayez pas en voyant tous les noms étranges que vous ne comprenez pas. Il s’agit du nom INCI de l’ingrédient, une dénomination internationale. Que vous soyez en France, aux Etats-Unis ou au Japon, le même ingrédient aura la même dénomination. Pratique non ? Et vous verrez, finalement, beaucoup de noms ressortent souvent.

Il faut ensuite savoir que les ingrédients sont classés par ordre décroissant de quantité. En premier, celui qui est le plus présent (en masse) et ainsi de suite. Avec une petite subtilité puisqu’en-dessous d’1% de la formule les ingrédients sont classés dans le désordre. Mais si vous regardez la liste d’ingrédients d’une crème je peux parier que le premier ingrédient sera « Water » donc de l’eau, car elle constitue plus de la moitié d’une crème classique. Donc si vous voyez un ingrédient controversé en troisième ou en avant-dernière position, ce n’est pas tout à fait pareil. Dans l’autre sens, si on vous vante « un gel douche à l’extrait de lotus » mais qu’il est en dernière position, vous pouvez être sûres que l’effet ne sera que marketing !

Pour entrer légèrement plus dans le détail, vous pouvez déjà éviter les produits contenant les ingrédients listés plus hauts : finissant par « methicone » (silicones), contenant le mot « paraben » ou le mot « sulfate ». Évitez également la mention « paraffinum liquidum » qui correspond à de l’huile de paraffine dérivée de la pétrochimie et les ingrédients qui finissent par « ammonium » (ce sont souvent des démêlants assez irritants). Cela vous permettra de faire un premier tri. Si c’est un produit que vous ne connaissez pas et que vous avez le temps, n’hésitez pas à prendre la composition en photo et à l’analyser calmement plus tard grâce au site de décryptage d’ingrédients « La vérité sur les cosmétiques ».

Conclusion

Acheter un produit du commerce bon pour la peau et la santé, ça demande du temps, un peu de connaissances et un peu de méthode ! Mais il existe quelques perles 100% clean, il suffit de les chercher 😉 Et si vous voulez être sûres de la composition de votre produit, il ne vous reste qu’à le faire vous-même !

Si vous avez une question ou si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le commenter et le partager.

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